AI et Big Data : la recette asiatique face au coronavirus

Si vous avez cru que le confinement était la solution, parce que les chinois nous ont fait la démonstration de son efficacité, vous vous trompez. D’ailleurs, les autres pays asiatiques s’en sont passés et ainsi, ils nous font aussi la démonstration de son inutilité. De vous à moi, le confinement n’a pas vocation à stopper la pandémie, mais à la ralentir pour permettre au système hospitalier d’absorber le flux des patients, aussi pour permettre à nos dirigeants de trouver des masques, des tests, des respirateurs, enfin, pour laisser le temps à la médecine de progresser, en menant à bien ses essais cliniques. Et si on patiente jusqu’en 2021, les quelques citoyens qui n’auront pas été contaminés bénéficieront peut-être d’un vaccin. Le confinement, c’est très bien, mais son objectif n’est pas forcément celui qui vous imaginez : stopper le virus.

Le confinement est spectaculaire avec ses images de rues désertes et de rayons de PQ tout aussi vides. Il capte tellement notre attention et met à l’épreuve notre résistance au stress, qu’il nous fait perdre notre bon sens. En effet, on a oublié de regarder plus en détail ce qu’on fait les asiatiques. Le confinement n’est qu’un aspect du programme chinois et il est absent de ceux des coréens, japonais, singapouriens, taïwanais, hong-konguais. Par contre, ce qu’ils utilisent tous, ce sont les nouvelles technologies.

D’abord, l’intelligence artificielle. Un bien grand mot pour qualifier ici un principe assez simple : géolocaliser les smartphones des gens contagieux, afin de savoir précisément quelles personnes ont croisé leur chemin ces derniers jours et accessoirement informer l’ensemble des citoyens de la proximité de contagieux et surtout de gens qui le seraient potentiellement parce que récemment, ils se sont trouvés dans le même lieux que des des contagieux ou comme des potentiellement contagieux. Ça permet d’abord de savoir qui doit être testé ou pas. Vous imaginez bien qu’à l’heure actuelle, nous testons un tas de gens qui s’affolent parce qu’ils ont un rhume, sans savoir la moindre idée de la probabilité qu’ils aient effectivement le covid-19. Par ailleurs, avouez que vous aimeriez savoir si dans la queue au supermarché, vous risquez de croiser un contagieux. Dans ce cas, vous prendriez probablement vos distances par rapport à vos voisins.

Ensuite, nos autorités ont lancé nos chercheurs dans de nombreux essais cliniques. En Europe, ils sont regroupés dans l’étude Discovery, dont l’objectif est d’établir l’efficacité d’une série d’anti-viraux. C’est très louable, mais pas forcément très utile, car les résultats ne seront connus que dans 6 semaines. À la vitesse où vont les choses, l’épidémie déclinera quand on saura comment enfin traiter le virus. C’est donc dommage d’avoir à patienter autant, surtout quand on sait que les données recherchées existent déjà. En effet, ces médicaments, ainsi que de nombreux autres sont plus ou moins couramment utilisés dans la population. En particulier celui qui fait polémique aujourd’hui : l’hydroxychloroquine, connu sous son nom commercial de Plaquenil. En effet, il existe forcément des patients traités avec cette molécule qui aujourd’hui sont contaminés. Il y en aura même de plus en plus. De même pour toutes les autres molécules potentiellement efficaces contre le covid-19 et couramment utilisées. Et la société française Pharnext en a identifié près d’une centaine. Ce soir, IBM vient d’annoncer sa liste de 77 molécules potentiellement actives. Il est fort à parier que certaines sont déjà couramment utilisées. D’ailleurs, dans la liste de Pharnext, on retrouve des statines qui sont très courantes et utilisées au long court pour faire baisser le taux de cholestérol. Il faudrait donc savoir ce que deviennent les patients qui les reçoivent ou qui les ont reçus récemment, quand ils sont en contact avec covid-19. Et comme pour être sûr des effets, il faut compiler de nombreuses données, pour ensuite les analyser, à l’aide d’un traitement statistique automatisé. C’est le Big Data.

Bien sûr, cela peut poser un problème de vie privée. Pour éviter cela, il faut prendre soin d’anonymiser les données. De même, il n’y a pas de raison de connaître l’identité des gens potentiellement contaminé. Il suffit de suivre des smartphones et non des individus. Bien sûr, tout smartphone appartient à quelqu’un, mais le connaître ne fait pas parti du sujet. Sinon, l’idéal serait qu’une ONG réalise cette mission. L’adhésion de citoyens est indispensable et pour mettre le plus de chance de notre côté, il faut créer un climat de confiance. Dans la même idée, proposer la participation sur la base d’une adhésion volontaire me semble incontournable.

En conclusion, ces nouvelles technologies ne font pas qu’à déterminer à quelle heure on doit vous montrer des pubs de pizzas ou s’il faut vous parler de voiture électrique plutôt que de châssis de fenêtre. Elles peuvent servir des causes plus nobles.

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