Coronavirus : jusqu’où irons-nous ?

Si on doit faire un parallèle avec le SRAS (2003), chaque personne touché par le SRAS contaminait en moyenne 2 autres personnes. Au bout de 10 générations de contaminés, on devrait obtenir 2^10 = 1 024 personnes infectées.
Avec le coronavirus, ce serait en moyenne 3 contaminés pour chaque personne infecté.
Et 3^10 = 59 049 personnes infectées !
On peut tout de même relativiser avec le taux de mortalité. Celui du SRAS a été de 10%, tandis que celui du coronavirus serait pour le moment de 2%. Ainsi :
1 024 × 10% = 102 décès
59 049 × 2% = 1 181 décès
Ça reste tout de même très inquiétant, n’est-ce pas ?
Notez tout de même que pour l’instant, l’OMS estime la contagiosité de ce virus entre 1,4 et 2,5. Cependant d’autres études sont plus pessimistes et proposent des taux allant jusqu’à 4.
Pour ma part, je pense qu’au stade actuel, l’indice le plus important pour caractériser sa contagiosité est l’accélération du nombre de cas.
Avec le SRAS, on avait 306 cas confirmé le 20/03/2003.
53 jours plus tard, le 12/05/2003, la courbe a commencé à s’aplatir avec 7447 cas.
Avec le Coronavirus, on avait 331 cas confirmés le 21/01/2020 et on a passé les 7785 cas, le 29/01/2020, soit 8 jours plus tard.
Il n’a donc fallu que 8 jours pour que la situation actuelle soit donc comparable à celle du SRAS après 53 jours.
Ce matin (12/02/2020), on en est à 45 182 cas).
Cette vitesse de propagation fulgurante est aussi confirmée par nombre de décès.
Avec le SRAS, on avait 17 décès le 25/03/2003 et 21 jours plus tard (14/04/2003), on avait 144 décès.
Avec le Coronavirus, on avait 26 décès le 24/01/2020 et aujourd’hui, 20 jours plus tard (12/01/2020), on a 1 110 décès.
Ainsi vu sous l’angle de la mortalité, le tableau est légèrement moins défavorable.
Il y a tout de même près de 10 fois plus de mort après 20 jours.
Maintenant, ces chiffres ne permettent pas de tout comprendre. Quelque soit la vitesse de propagation, les épidémies finissent toujours par s’arrêter, sinon le SRAS serait toujours en train de ravager l’humanité et son morbide bilan ne se serait pas arrêté à 813 victimes (774 selon l’OMS). Alors demandons-nous plutôt comment ça s’arrête ? Et avant cela, quand la courbe va commencer à s’aplatir ? La science nous apporte pas mal réponses : notre résistance au virus en question qui augmente progressivement, la prise en charge des malades qui progresse, la vaccination, la sensibilité du virus aux variations climatiques, voir météorologiques.
Personnellement, j’ai un peu du mal à comprendre l’augmentation de notre résistance. Elle est une réalité après élimination des sujets les plus à risque, mais avant cela, il faut bien être touché par le virus pour obtenir une immunité. C’est d’ailleurs, le concept de la vaccination.
Concernant, le vaccin, même s’il n’y a qu’une partie de la population qui en bénéficie, cela semble avoir été efficace contre les variole, poliomyélite, rougeole… Cependant, il n’existe pas à ce jour de vaccin contre ébola, qui depuis 1976 fait des réapparitions fort heureusement contenues.
Quant au changement de température, pour espérer l’arrêt de l’épidémie, je n’y adhère pas plus, car on voit bien qu’il y a des contaminations qui se passent à toutes la latitudes et même en altitude, comme aux Contamines-Montjoie. Et à l’opposé, l’hémisphère sud où actuellement l’été règne n’y échappe pas plus.
Concernant la prise en charge des malades, je suis plutôt d’accord tant qu’il n’y en pas beaucoup. Cependant, je ne me fais pas trop d’illusion, car en occident et surtout en Europe, on saura difficilement construire des hôpitaux en 2 semaines, comme la Chine vient de le faire. Par ailleurs, mis à part en Asie, l’humanité est peu habituée au port de masque de protection. Des masques qui pour l’instant font défaut, chez nous. Enfin, j’imagine que nous sommes moins discipliné que les chinois. En tout cas, j’imagine mal nos forces de l’ordre imposer le port de masque à tout le monde. Et c’est pourtant ce qu’il passe actuellement dans les zones en quarantaine de Chine.
Pour ma part, je place plus d’espoir dans l’état de santé des populations occidentales. C’est l’explication qu’on avance pour expliquer le cantonnement d’ébola à l’Afrique subsaharienne. La Chine n’est pas l’Afrique, mais les normes environnementales et en particulier sur la sécurité alimentaire ou tout simplement le niveau qualitatif de leurs assiettes ne semblent pas être les mêmes que les nôtres. Si notre salut vient de la qualité de notre alimentation, je vous propose de râler un peu moins contre les technocrates de Bruxelles. Affaire à suivre…
En attendant, pour finir de vous inquiéter, le SRAS n’a finalement fait que 774 morts, si j’ose dire. Mais les virus peuvent faire nettement plus de victimes. La grippe espagnol de 1918 a bien fait entre 30 et 100 millions de morts, selon les sources, dans une population mondiale de 1,8 milliards d’individus. Aujourd’hui, on est 7,7 milliards !
Heureusement, il y a eu quelques changements depuis un siècle :
  • notre connaissance des virus est infiniment plus vaste
  • la prise en charge des malades est indéniablement plus efficace
  • dans les prochains mois, nous produirons probablement un vaccin ou un antiviral efficace
  • nous possédons dans notre pharmacopée les antibiotiques
  • grâce au développement des échanges commerciaux, notre nourriture est plus variée
  • nous sommes nettement plus habitués à nous déplacer et donc nous avons renforcés notre immunité au contact d’une palette de virus nettement plus importante
  • nous ne sortons pas exsangues d’un conflit mondial

À l’opposé, il me semble que :

  • l’industrialisation de notre nourriture ait fragilisé nos organismes, avec l’explosion de l’obésité, des diabètes, cancers et autres maladies cardiovasculaires
  • mise à part en Afrique, notre population est vieillissante et donc plus fragile
  • la facilitation de nos déplacements accélère la contamination
  • avec la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, le risque de sur-infection est plus que jamais d’actualité
  • les peuples subissant les affres de la guerre sont encore nombreux en Syrie, Libye, Irak, Yémen, Afghanistan, Ukraine, Palestine…
  • quand ce ne sont pas les sanctions économiques qui les rationnent comme en Corée du nord, l’Iran, le Vénézuéla, la Russie…

Je n’ai donc pas de réponse à la question posée. Mais pour l’instant, personne n’en donne.
Et je pense qu’il ne faut pas en chercher du côté de nos autorités qui sont partagées entre prévenir et éviter la débâcle économique.
Le sujet est bien trop politique pour que les discours restent objectifs.
À vous de vous faire votre propre opinion.

1 réflexion sur “Coronavirus : jusqu’où irons-nous ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *